mardi 19 juin 2007

Ségolène / François - la séparation : Elle est où l’info ?

Lundi 18 juin 2007 au matin, lendemain des élections législatives, 7h40. France Inter prend une tonalité toute cérémonieuse et annonce une interview exclusive de Ségolène Royal. Vu l’ambiance, je pense un instant à une entrée surprise au gouvernement…. enfin, non, ce n’est pas possible….
Je tends l’oreille, (réécoutez l’interview ici).

Voila donc l’info : Ségolène a dit à François d’aller vivre ses amours ailleurs. Mais… Elle est où l’info ?

Elle est où l’info qui mérite ce traitement tonitruant sur les ondes de la radio nationale ?

Faisons le point. Ce matin là, derrière le poste, il y a deux auditeurs possibles :

- L’auditeur qui fait parti du microcosme médiatico - parisien et qui sait déjà, comme je le sais, que Ségolène et François ne sont absolument plus ensemble depuis longtemps. Dans ce cas, l’information n’en est pas une. On le savait.

- L’auditeur qui n’en savait rien. Bon, c’est une info. Mais une info qui, à part modifier la dynamique des intrigues à la direction du PS, n’a pas tant de conséquences. Qu’est ce que ça change au fond ?

Mon analyse est que, en communiquant officiellement cette information, Ségolène décide de rompre une zone d’ombre que les journalistes ont respecté, par respect, par déontologie, et peut être aussi un peu par sympathie. Cette coupure, cette rupture de contrat, oblige les journalistes à en faire part au publique. C’est à la fois, pour le journaliste, un aveu et une information à traiter.

C’est pourquoi je pense que le média a réagit comme un enfant pris la main dans le sac : il a inventé un mensonge plus gros que lui. Le média aurait pu proposer comme discours : « nous ne vous avions pas donné cette information pour des raisons déontologiques, aujourd’hui nous vous la donnons ». Le média aurait alors assumé la complicité, dévoilé la faille. Mais non, le média présente l’information de manière disproportionnée, presque incongrue.

« Tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice ! » disait l’enfant…

2 commentaires:

amelie a dit…

Pas d'info, c'est sur, j'ai du mal à penser que Ségolène Royal a fait ça par hasard. Une fois de plus, dans sa route pour prendre le parti socialiste, elle cherche à être seule, "la femme débout" .
Comme elle a ejecté DSK et Laurent Fabius, les faisant passer "eux" pour les éléphants, elle comme la femme neuve, la, elle ejecte le premièr secretaire et apparait une fois de plus comme la femme humiliée, trainée dans la boue par ses pairs, ici, elle cumule : femme, mère, femme trompée, bafouée.
Tout cela n'est que tactique en vu du congrés de 2008.
Si il y a une info, elle est la, Ségolène Royal cherche les pleins pouvoirs au PS.

Céline a dit…

Avant toute chose on est là dans un domaine que la presse française ne sait - ne veut - pas traiter. Le microcosme parisien est au courant des aventures extra-conjugales de toute la classe politique, mais pour comparer les discours moralisateurs des uns et des autres au décompte de leurs prouesses amoureuses il faut lire la presse étrangère (http://women.timesonline.co.uk/tol/life_and_style/
women/relationships/article1940875.ece) ou parcourir les blogs les plus informés.
La presse anglo-saxonne ne s'encombre d'aucun tabou et évoque la vie privée des politiques librement. Est-ce un bien ? La presse française doit elle s'aligner sur sa grande soeur ? La question a été tranchée. Le résultat : une couverture disproportionnée des "aventures" de chacun lorsqu'une source extérieure (internet,...) révèle finalement l'info.